Malgré les turbulences de 2025, la conjoncture mondiale s’est révélée plus résiliente que prévu. Le conflit tarifaire déclenché par le gouvernement américain et la perspective de barrières commerciales laissaient craindre un scénario plus défavorable.
Les exportateurs ont pu, en partie, rediriger leurs flux via des pays tiers ou trouver de nouveaux marchés. Par ailleurs, les investissements élevés dans le domaine de l’intelligence artificielle ainsi qu’une politique budgétaire et monétaire favorable ont soutenu l’activité. Toutefois, la croissance du commerce mondial s’est récemment affaiblie et les perspectives pour 2026 restent fragiles. Des données de marché du travail faibles et un moral des consommateurs en baisse pointent vers un ralentissement aux États-Unis. En Chine, la demande intérieure continue de souffrir des conséquences de la crise immobilière, et les exportations vers les États-Unis, en particulier, sont pénalisées par des droits de douane plus élevés.
La dynamique économique dans la zone euro est restée inférieure à la moyenne. Là aussi, la hausse des droits de douane américains sur les importations entretient l’incertitude, tandis que les mesures budgétaires annoncées en Allemagne se diffusent de plus en plus avec retard. Certains secteurs, comme l’automobile, sont en outre confrontés à des transformations structurelles. Selon les estimations de l’OCDE, la croissance mondiale devrait ainsi ralentir de 3.2% en 2025 à 2.9% en 2026. Les risques entourant ces prévisions demeurent élevés compte tenu des tensions géopolitiques, du durcissement des conflits commerciaux et de leurs effets négatifs sur les chaînes d’approvisionnement. Cela pourrait renforcer davantage le franc suisse, avec des conséquences défavorables pour l’économie exportatrice suisse.
La situation en Suisse
L’économie suisse a évolué de manière volatile. En 2025, le premier semestre a été marqué par des effets d’anticipation et a dépassé les attentes quant à l’évolution de l’année. Au second semestre, le ralentissement mondial et les droits de douane américains ont toutefois pesé sur la dynamique. Au troisième trimestre, la conjoncture suisse s’est contractée de 0.5% par rapport au trimestre correspondant de l’année précédente. Sur l’ensemble de l’année, le Centre de recherches conjoncturelles de l’ETH anticipe néanmoins une croissance de 1.4%, ce qui reste en dessous du potentiel.
Le climat d’investissement est assombri par l’incertitude mondiale, la faiblesse des résultats de nombreuses entreprises et une utilisation des capacités durablement faible. La consommation privée joue un rôle stabilisateur, bien que l’emploi recule et que le taux de chômage augmente légèrement. Grâce à une inflation faible, la BNS a abaissé son taux directeur à 0% en juin 2025.
Perspectives économiques suisses
- Évolution stable de l’inflation : en 2026 aussi, l’inflation devrait rester proche de zéro. Un franc fort et la baisse des prix de l’énergie atténuent les pressions inflationnistes. En outre, la baisse du taux de référence de septembre aura, dès février 2026, un effet modérateur sur l’évolution des loyers.
- Croissance économique : la réduction des droits de douane américains à 15% améliore légèrement les perspectives. La croissance devrait toutefois rester sous le potentiel, à 1.1% (2026) et 1.7% (2027).
- Marché du travail et consommation : la phase de faiblesse du marché du travail se poursuit : la progression de l’emploi demeure temporairement limitée. Dans l’industrie des machines, de l’électrotechnique et de la métallurgie, environ 10 000 emplois ont été supprimés en raison des droits de douane. Le taux de chômage devrait encore augmenter légèrement pour atteindre environ 3.1%.
Risques conjoncturels
Les risques sont nombreux et la plupart orientés à la baisse : le calendrier de mise en œuvre du nouvel accord tarifaire bilatéral entre la Suisse et les États-Unis demeure incertain, et des résistances de politique intérieure pourraient retarder le processus. Les investissements suisses promis aux États-Unis pourraient entraîner des effets de relocalisation et freiner l’activité d’investissement domestique. Le secteur pharmaceutique est en outre exposé à des risques de baisse des prix. Le programme d’économies annoncé par la Confédération pourrait se révéler plus restrictif que prévu.
Les conflits commerciaux, les tensions géopolitiques et d’éventuelles perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales pourraient également peser sur la conjoncture. Une nouvelle appréciation du franc affaiblirait encore l’économie exportatrice. À l’inverse, une détente rapide de la situation géopolitique, un recul plus marqué de l’inflation à l’étranger ou une mise en œuvre plus rapide et plus efficace des impulsions budgétaires en Europe pourraient soutenir l’activité.
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